Faire Méditerranée
Depuis des siècles, la Méditerranée n’a jamais cessé d’être un espace de rencontres, de passages, de créations mais aussi de tensions. Elle est une mer de récits et de corps en mouvement.
C’est dans cet héritage vivant que s’inscrit Smala, le pôle itinérant de création chorégraphique imaginé par le chorégraphe Kader Attou.
Smala est un mot chargé d’histoire.
Il évoque la capitale mobile de l’Émir Abdelkader, cette communauté solidaire où se mêlaient savoirs, arts et stratégies de résistance. C’est cette idée qui anime le projet.
Pendant quatre ans, des constellations d’artistes se sont tissées entre plusieurs pays de la Méditerranée : la France, la Grèce, Chypre, l’Égypte, la Tunisie, le Maroc.
Autant de territoires traversés par des histoires différentes, mais reliés par une même mer, par des imaginaires communs, par des gestes et des rythmes qui se répondent.
Dans un monde marqué par les replis et les frontières qui se ferment, les mobilités sont inégales. Smala est aussi née de cette réalité et propose d’ouvrir des passages, de créer des ponts là où les distances semblent s’installer, de faire circuler les artistes, les idées, les sons, les gestes.
Car au-delà des frontières, il existe des résonances : dans une mélodie traditionnelle qui trouve un écho dans l’électro, dans un pas de danse qui rappelle un autre geste sur une rive opposée,
dans une voix qui raconte des histoires semblables d’exil, de fête, de mémoire et de résistance.
Pour Kader Attou, dont le parcours a été nourri par les voyages et les rencontres, l’enjeu est clair : faire de Smala un laboratoire où se croisent danse, musique, poésie et récits.
Un lieu où les artistes expérimentent ensemble, inventent des formes collectives et imaginent des langages communs.
© Damien Bourletsis

À Marseille, en septembre 2026, ces constellations se retrouveront pour une semaine exceptionnelle d’expérimentation, d’échanges et de rencontres avec les publics.
Ville-port, ville-monde, Marseille est un point d’ancrage naturel pour cette aventure méditerranéenne. Son histoire est faite de traversées, de migrations, de métissages culturels et d’énergies artistiques.
Pendant une semaine, Smala y déploiera ses explorations, plus particulièrement à la Friche de la Belle de Mai, lieu d’art hospitalier où viennent puiser les âmes créatrices.
Au programme :
• des performances chorégraphiques
• des DJ sets et des espaces de danse
• des présentations artistiques en déambulation
• des séances d’écoute mêlant musiques traditionnelles et créations électroniques
• un atelier d’écriture documentaire sonore
• des conversations ouvertes sur la création, la structuration artistique et la notion même de Méditerranée.
Smala c’est donc à la fois un laboratoire, une fête et un incubateur, où les artistes invités seront au cœur de cette expérience. Chacun apportera son univers, ses influences, ses trajectoires. Et ensemble, ils chercheront là où de nouvelles formes peuvent émerger.Faire Méditerranée aujourd’hui, c’est aussi résister.
Résister au silence et à l’impuissance face aux bouleversements du monde. C’est proposer des paroles et des actes qui rassemblent.
C’est ce que cette Smala à Marseille souhaite être : un beau et poétique rassemblement.
Smala
Laboratoires chorégraphiques nomades en Méditerranée

Casablanca, Tunis, Le Caire, Kalamata et Chypre
La Smala de Casablanca s’est développée avec l’association Casamémoire et a réuni en décembre 2024 danseurs locaux et artistes d’Accrorap autour du lien danse/patrimoine, donnant lieu à une capsule vidéo sur l’immeuble Assayag. Un second laboratoire a été prévu en décembre 2025 avec l’association Amme, explorant la rencontre danse/musiques amazighes et électroniques, pour repérer des musiciens invités à Marseille en 2026.
Dans le cadre du projet Massari – Consolider sa trajectoire personnelle, la première Smala de Tunis s’est tenue en janvier 2025 avec Kader Attou et deux danseurs d’Accrorap, réunissant une quinzaine d’artistes tunisiens. Un atelier sur la production et la gestion de projet mené par Anne-Sophie Dupoux a complété le dispositif. Cette Smala a permis de découvrir le travail de Hazem Chebbi et a amorcé un partenariat durable avec Selim Ben Safia, poursuivi lors d’une résidence de création à la Friche La Belle de Mai et de l’accueil de Selim Ben Safia au studio Accrorap pour initier la création de Labes.
Au Caire, un voyage de repérage s’est tenu en novembre 2024, suivi d’un laboratoire chorégraphique dirigé par Ezzat Ismaïl, en partenariat avec Ezzat Dance Studio, programmé du 8 au 12 février 2026.
© Damien Bourletsis
En Grèce et à Chypre, un laboratoire de création s’est déroulé à Kalamata du 21 au 30 octobre 2025 avec cinq danseurs grecs et chypriotes, accompagné d’actions culturelles, puis s’est poursuivi à Limassol du 20 au 28 avril 2026, avec ouverture à de nouveaux danseurs via audition.
Toutes ces étapes ont mené au laboratoire final à Marseille dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026.
Porteur du projet et production : Compagnie Accrorap, direction Kader Attou
Partenaires financiers :
Ville de Marseille / Institut français de Paris / Saison Méditerranée / Région Sud / Instituts français : Égypte / Grèce / Chypre / Tunisie / Institut Français de Tunisie / Institut Français de Paris (programme ICC) / Instituts français de Grèce et Chypre / Institut Français d’Égypte / Ville de Saint Ouen
Partenaires culturels :
Casamémoire / AMME – Association marocaine pour les musiques électroniques et amazighes / Al Badil – Tunis / AMI – Marseille / NCDN – Le Caire / Festival international de danse de Kalamata / Maison de la danse de Limasol
