Poétique du déséquilibre
Un petit pas de trop réunit Kader Attou, Régis Truchy et Mansour Abdessadok dans une création où le hip-hop se mêle au burlesque. Entre maîtrise et dérapage, les trois interprètes transforment l’erreur en art du rebond. Drôle, poétique et virtuose, cette pièce tout public explore la beauté du déséquilibre et la puissance expressive du corps.
Note d’intention
Trois hommes se retrouvent sur scène, chacun avec son univers et ses obsessions propres.
Le premier est perfectionniste jusqu’au bout des orteils, se bat avec ses propres mouvements, essayant d’atteindre une harmonie impossible, dans une quête rigoureuse, repoussant sans cesse les limites de sa maîtrise. Son style est précis, presque millimétré, mais sa recherche de perfection le mène parfois à des dérapages involontaires, suscitant le rire. Le deuxième, est son contraire, imprévisible, excentrique, il s’abandonne à des improvisations déjantées, créant une énergie inattendue à chaque tableau. Et le dernier, est tout en nonchalance ; il glisse sur la scène sans sembler s’y investir, comme un spectateur de ses propres mouvements. Cette apparente indifférence se révèle une stratégie comique, déjouant l’attente de perfection et ajoutant une dimension de mystère se laissant glisser d’un coin de la scène à l’autre, presque comme s’il était là par hasard.
Le spectacle explore les contradictions et les malentendus qui naissent de leurs styles opposés. À chaque tableau, leurs danses se croisent, se heurtent, puis finissent par se mêler dans des chorégraphies inattendues, où chaque faux-pas devient prétexte à un éclat de rire. Une mise en abyme des échecs transformés en art, célébrant l’imprévu et les collisions joyeuses de leurs mondes si différents, rendant hommage à la beauté du hip-hop dans ses instants les plus spontanés.
Le public est invité à suivre ce trio insaisissable, qui défie les règles du spectacle pour offrir une vision ludique et décomplexée de la danse hip-hop. En naviguant entre moments de virtuosité et éclats de rire, ce spectacle célèbre l’art de l’inattendu, là où les collisions des styles deviennent une matière première joyeuse et poétique où les maladresses et les éclats de génie partagent la même lumière.
Entretien avec Kader Attou
Un petit pas de trop, c’est un titre à la fois léger et profond. Que signifie-t-il pour vous ?
C’est le moment où le corps quitte le contrôle. Ce petit pas de trop, c’est celui qui fait basculer la perfection dans l’imprévu, le calcul dans la grâce. C’est un écart infime, mais c’est souvent là que la vérité du mouvement apparaît, dans la faille, dans la respiration du déséquilibre.
Le burlesque semble ici un terrain nouveau pour vous. Qu’est-ce qui vous attire dans cette matière ?
Le burlesque a quelque chose d’essentiellement humain. Il parle du corps qui échappe, du geste qui déborde. Dans le hip-hop aussi, il y a cette tension entre maîtrise et liberté, virtuosité et fragilité. Dans Un petit pas de trop, j’avais envie d’explorer cette zone poreuse entre le sérieux de la danse et la légèreté du rire, entre la beauté et l’accident.
Comment s’est construit ce trio avec Régis Truchy et Mansour Abdessadok ?
Nous venons d’univers très différents. Régis a la rigueur du millimètre, Mansour l’explosion du geste, et moi, j’aime naviguer entre les deux. Ensemble, on explore les contrastes : la précision et le lâcher-prise, la tension et le relâchement. Ce dialogue crée des instants où tout peut basculer, et c’est précisément ce que je cherche : ce point d’équilibre instable.
Le burlesque et la danse dialoguent dans cette pièce. Où se rejoignent-ils ?
Dans leur rapport au corps. Le burlesque pousse le geste à l’excès, la danse le cherche dans sa pureté, mais tous deux parlent du même langage : celui de l’émotion. Quand la danse trébuche, elle devient burlesque. Quand le burlesque s’élève, il devient danse. C’est cette respiration entre chute et envol qui m’intéresse.
L’humour semble ici une porte d’entrée vers une forme de poésie.
Oui, l’humour n’est pas un effet. C’est une respiration. Il permet de parler du monde avec douceur, sans donner de leçons. Rire de soi, c’est une manière de se réconcilier avec sa fragilité. Et la danse, dans ce spectacle, est exactement cela : un apprentissage du déséquilibre.
Chorégraphie et mise en scène : Kader Attou
Interprétation : Régis Truchy, Mansour Abdessadok, Kader Attou
Création musicale et sonore : Régis Baillet (Diaphane)
Lumières : Fabrice Crouzet
Scénographie : Olivier Borne
Production : Compagnie Accrorap
Coproduction : Le Toboggan à Décines-Charpieu – Scènes & Cinés, Scène conventionnée Art en Territoire
Avec le soutien de : Pôle en Scènes
Calendrier de création
Juin 2026 : Studio Cie Accrorap / Friche la Belle de Mai
Septembre-octobre 2026 : Le Toboggan ; Pôle en Scènes : Pôle Pik, Albert-Camus
Première : Festival Karavel, 2 octobre 2026 (Le Toboggan à Décines)
Photos : © Damien Bourletsis DB Motion
Marie Plantin – Sceneweb
Avec Un Petit Pas de trop, le chorégraphe Kader Attou fait le choix de l’enfance, de la rêverie et de la légèreté dans un hommage sensible et virtuose aux grandes figures burlesques du cinéma muet. […] Dans un monde en crise où le réel ressemble parfois à un cauchemar éveillé, Kader Attou et ses acolytes répondent par l’enchantement et la beauté du mouvement. […] Il propose un spectacle-antidote, un remède jovial et tendre aux idéologies mortifères.
R.B. – Télérama Sortir
TT Un trio de super-interprètes pour une échappée burlesque vers le déséquilibre ! […] Cette pièce parie sur les accidents, les dérapages, les obstacles et autres collisions pour susciter un feu d’artifice gestuel. […] Virtuose et épatant, Un petit pas de trop dynamite les images convenues du hip-hop pour en réveiller l’humour.
Philippe Noisette – Les Echos
La danse hip-hop en France a une histoire dont Kader Attou a écrit quelques-unes des plus belles pages. […] Le plus réussi avec « Un petit pas de trop » est ailleurs, dans cette mélancolie sur le fil. A l’image de Kader Attou dans les airs, retenu par des filins quasi invisibles, dansant sur les mains, puis planant au-dessus de la scène. […] Spectacle tout public, ce « petit pas » de côté prouve que le hip-hop a également ses inventeurs de formes.
Philippe Escalier – Sensitif
Intelligent dans sa construction, magnifique dans ses images, abouti jusque dans ses transitions, le spectacle emporte l’adhésion dès les premières minutes. Une heure dix d’élégance et de sourires qui tient la salle sous le charme du premier au dernier geste. […] Kader Attou […] se réserve la scène la plus saisissante de la soirée, un envol dont la beauté tient de l’irréel.
Claudine Arrazat – Critique Théâtre Clau
Un petit pas de trop, chorégraphie de Kader Attou, nous entraîne dans un univers magique et fabuleux où la danse, le mime, le burlesque, la musique et les jeux de lumière donnent naissance à un spectacle d’une grande poésie. […] Un ballet plein d’humour, de poésie et de magie, qui nous fait rêver et retrouver notre âme d’enfant.
Arthur Lefebvre – La Chronique
Un petit monde en soi qui fera de ce spectacle un pur moment de bonheur. Une illusion magique dans l’espace du hip hop, de l’acrobatie et de la pantomime. […] Virtuoses et poètes. Les corps ondulent. Se fractionnent. S’épousent. Volent et bondissent dans un même élan. […] Charlot comme un roi du hip hop. Un petit pas de trop comme il savait en faire. Superbe hommage.
Louis Juzot – Webthéâtre
Kader Attou explore avec justesse la relation étroite qui lie deux langages du corps : la danse et le burlesque. […] Régis Truchy et Mansour Abdessadok sont des références du hip hop et le démontrent brillamment dans des solos ou des duos qui s’enchainent en exprimant ce petit pas de trop à la limite du déséquilibre, façon de revisiter aussi la pantomime.
Safidin Alouache – La Revue du Spectacle
Dans une très belle création, le danseur et chorégraphe Kader Attou mêle ensemble le théâtre corporel, la danse et le burlesque dans un halo de magie féerique. […] Le temps semble accueillir la magie des interprètes dans des gestuelles où la grâce se lie à une théâtralité des expressions. Nous oscillons entre équilibre et déséquilibre, où la chute peut intervenir d’un moment à l’autre.
Nicolas Villodre – Danser Canal Historique
Un des moments les plus remarquables, chorégraphiquement parlant, est le duo du doublon Truchy-Abdessadok […]. Ceci dit, les solos virtuoses de Mansour Abdessadok valent à eux seuls le déplacement. […] Un petit pas de trop est historié de gags, de trouvailles visuelles et de tours de passe-passe.
Micheline Rousselet – SNES Culture
A priori l’élégance de la danse ou la virtuosité du hip-hop paraissent bien éloignées du burlesque, pourtant de glissades en rattrapages périlleux, de maladresses en ratages brillants les trois danseurs nous mènent au burlesque. […] Humour et grâce dans ce mariage du hip-hop et du burlesque.
Chantal Boiron – Ubu Scènes d’Europe
Les apparitions et les disparitions s’enchaînent avec virtuosité, la lumière apportant une note de mystère. […] Quand les objets les plus banals se mettent à vivre leur vie et à leur jouer des tours, les gags se multiplient. […] Un spectacle sensible et onirique qui séduira tous les publics.
Équipe en tournée
3 interprètes dont le chorégraphe Kader Attou
1 administrateur de tournée
3 techniciens : 1 régisseur plateau, 1 régisseur lumière, 1 régisseur son
Technique
Plateau mini 10 x 10 m
Transport décor : 12 m3
Diffusion
En Votre Compagnie
Romain Le Goff – 06 80 36 08 03 – romainlegoff@envotrecompagnie.fr
Olivier Talpaert – 06 77 32 50 50 – oliviertalpaert@envotrecompagnie.fr
2026
2 octobre
Décines, Le Toboggan, Festival Karavel (69)
14, 15, 16, 17, 18, 21, 22, 23, 24, 25, 28, 29, 31, 1 octobre
Paris, La Scala (75)
Cie Accrorap
Direction Kader Attou
Création automne 2026
Pièce tout public pour 3 danseurs
À partir de 8 ans
Première au Toboggan à Décines-Charpieu, Festival Karavel, le 2 octobre 2026
Durée : 1h15

Dates
2026
20 novembre
Maisons-Alfort, Les Théâtres (94)
25 novembre
Bagneux, Théâtre Victor Hugo (92)
11, 12 décembre
Alès, Scène Nationale (30)
2027
14, 15 janvier
Belgique, Charleroi, Palais des Beaux-Arts
18, 19 janvier
Miramas, Tournée Mosaïque Arsud (13)
29 janvier
Castres, Théâtre Municipal (81)
4, 5 février
La Trinité, La Stella (06)


















